Fermeture des librairies : entre incompréhension et indignation

L’annonce d’un nouveau confinement a été un coup de massue pour les librairies. Malgré des lecteurs au rendez-vous à la réouverture en mai, le secteur reste fragilisé avec un chiffre d’affaires qui peine à décoller. Bien que les lecteurs, auteurs, éditeurs et des prix littéraires comme le Goncourt ont montré leur soutien, le bouleversement continue avec l’annonce, ces derniers jours, de nouvelles mesures qui partagent et ne font pas l’unanimité.

Entre déception et incompréhension

Beaucoup d’attentes en ce jeudi 29 octobre, alors qu’une intervention du Premier Minsitre est attendue dans la soirée. Mais la déception ne se fait pas attendre. Les libraires, qui espéraient une dérogation pour rester ouverts, ne pourront pas accueillir de clients. Les librairies doivent fermer avec l’autorisation de pratiquer le click & collect. Mais la déception laisse vite place à l’incompréhension. En effet, la désillusion est d’autant plus forte que des grandes enseignes, comme la Fnac qui vend aussi des livres, sont autorisées à rester ouvertes. La raison ? Le matériel électronique indispensable pour pratiquer le télétravail qu’elles vendent. Si le syndicat du livre avait, en mars dernier, demandé à ce que les librairies restent fermées, aujourd’hui, leur position est claire : sans permettre l’ouverture lors de ce nouveau confinement, certains acteurs du secteurs (libraires, auteurs, éditeurs) pourraient ne jamais se relever.

Pour retrouver facilement les librairies près de chez vous qui proposent le service click & collect, Livre Hebdo met à disposition une carte les répertoriant partout en France.

Une victoire à la pyrrhus

En réaction à l’indignation des libraires, le gouvernement annonce vendredi 30 octobre la fermeture des rayons livres de la Fnac et de la grande distribution. Une mesure prise par soucis d’équité envers les librairies. Pourtant, ce n’est pas la réponse attendue de la part des libraires, qui souhaitent simplement la possibilité de rester ouverts. Pour beaucoup, il s’agit d’une victoire à la pyrrhus : malgré le click & collect, la décision laisse le champ libre au leader Amazon, bien plus compétitif en matière de livraison. Lors du premier confinement, le click & collect n’avait représenté qu’un faible chiffre de ventes. En effet, peu de librairies étaient correctement équipées pour le mettre en place. De plus, la part des lecteurs fidèles prêts à commander en click & collect chez leur libraire n’avait représenté qu’une petite partie de la clientèle.

La colère monte contre les librairies

Dimanche 1er novembre, le gouvernement fait une nouvelle annonce : les rayons de produits qui ne sont pas de premières nécessités seront fermés. Sur les réseaux, certains internautes accusent avec indignation les libraires, qu’ils considèrent comme coupables d’avoir initié le phénomène de fermeture des rayons. Les libraires sont même parfois accusés de profiter de la situation, puisque autorisés à pratiquer le clikc & collect. Des accusations qui ne passent pas pour les libraires et défendeurs des librairies, dont beaucoup remettent en cause la décision du gouvernement.

La situation sera réexaminée dans quinze jours, au regard de l’évolution de la situation sanitaire.

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x-Key est rédactrice chez Booknode depuis 2017

1 Comment

  1. La Culture est vitale.
    La lecture permet de s’instruire, de découvrir, de s’évader. Pourquoi ne pas mettre à profit cette situation insupportable pour permettre aux bibliothèques de mettre en place un dispositif de distribution de livres aux personnes habituellement inscrites avec réservation sur le site internet municipal.
    Un véhicule pourrait être dédié à la livraison des livres, tout en respectant les préconisations sanitaires.
    En ces temps difficiles financièrement pour les publics défavorisés, cela me paraît indispensable. 😡😢😠

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