Top 12 : Les raisons qui prouvent que vous êtes peut-être un écrivain qui s’ignore

 

tumblr_mnqjrvLvfE1rq27uuo1_500Si vous avez cliqué sur cet article, c’est que la littérature occupe très probablement une place de la plus haute importance dans votre existence. Et d’ailleurs, puisque vous lisez beaucoup, l’idée d’écrire vous a sans doute, elle aussi, traversé l’esprit un jour. Ah ! C’est que vous en avez noirci, des carnets ! Avec des petits poèmes, des histoires inachevées, les récits de vos journées de vacances et de vos promenades enflammées à poney… Alors oui, quand vous retrouvez vos souvenirs d’écrivain en herbe, vous vous demandez si vous n’êtes pas, au fond, un écrivain qui s’ignore.

 

Il est urgent d’agir. Même si vous ne trouvez pas vos anciennes rédactions à la hauteur, reprenez vos exercices d’écriture, car le monde a besoin de livres, d’histoires, et donc d’écrivains. Et tout ça, c’est sans compter les avantages de la vie d’écrivain : être adulé par des hordes de lecteurs passionnés, pouvoir rester en pyjama toute la journée, aller travailler au café pour voir du monde, et se faire offrir du café gratuit sous prétexte d’être une star locale.

 

Prêt ? Si vous vous reconnaissez dans la majorité des points suivants, c’est que le temps est venu pour vous de changer de vie :

 

 

1. Vous êtes déjà un grand lecteur

 

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Et de la lecture à l’écriture, il n’y a qu’un pas.

 

Les grands écrivains ont pour la plupart commencé par être de grand lecteurs, ce que vous êtes déjà, naturellement. Vous avez une liste très longue des auteurs que vous aimeriez être et de ceux auxquels vous ne voudriez surtout pas ressembler. Et ça va même plus loin que ça : vous ne pouvez pas lire un livre sans souligner une tournure de phrase dont vous êtes amoureux, ou vous attarder sur un passage à la fin duquel vous soupirez de satisfaction avant de vous dire « j’aurais pu l’écrire » ou « c’est tellement E-XAC-TE-MENT ce que je ressens, IN-CRO-YA-BLE. Wahou. »

 

 *

 

2. La sécurité de l’emploi n’est pas quelque chose qui vous importe dans la vie

 

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Wouh ! Qu’importe la pauvreté quand on est libre d’esprit !

 

Vous faites partie de cette minorité de gens qui n’ont que faire de l’instabilité parce que l’instabilité est pour vous un style ? Vous vous fichez de devoir vivre d’encre et d’eau fraîche (ou de whisky) ? Vous êtes désormais prêt à cesser toute activité professionnelle pour vous mettre à écrire ? Bravo, vous avez gagné le test : le métier d’écrivain est fait pour vous. Ne laissez pas la vie de bohème dont vous rêvez n’être qu’un fantasme, vivez-là : en plus d’être un modèle de courage aux yeux de tous ces gens cupides, vous verrez qu’ils finiront par vous envier votre liberté et votre insolence.

 

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3. Vous avez été vainqueur d’un concours de nouvelles au lycée et vous avez depuis jeté le manuscrit que vous trouviez trop mauvais

 

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« Allez chao les nazes, je vais me préparer à atteindre encore davantage la perfection. »

 

C’est vrai qu’à bien y réfléchir, vous étiez un littérateur précoce. Vous avez appris à lire tôt, et à 14 ans, vous remportiez la compet’ de nouvelles à laquelle vous aviez participé en classe de Seconde. Quelques années plus tard, en relisant le manuscrit, vous vous êtes dit que c’était nul et vous l’avez jeté sans aucune indulgence. Depuis, vous cultivez une attitude volontairement perfectionniste et des airs torturés de « créateur-destructeur » ; vous êtes sadomaso et vous aimez ça.

 

*

 

4. Contrairement à vos contrôles de maths que vous jetiez les uns après les autres, vous avez gardé toutes vos rédactions du collège et du lycée, classées par année et par trimestre.

 

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La réaction de vos profs quand ils vous lisaient, et celle des gens qui retrouveront vos rédactions d’école dans 50 ans.

 

Non seulement vous vous rappelez de tous vos professeurs de français, mais vos classeurs et cahiers de français sont les seuls que vous ayez gardés de toute votre scolarité. Ils sont rangés par année dans un carton à l’abri de la poussière, à côté des photos de famille – c’est dire si vous y tenez – et vos rédactions, classées elles aussi, sont précieusement rangées dans une pochette. Pour être sûr de ne jamais les perdre, vous vous êtes promis de les mettre encore plus en sûreté dans un endroit ignifugé. Parce que quand même, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

 

*

 

5. Personne ne veut jamais jouer au Scrabble ou au Petit Bac avec vous, PER-SONNE, JA-MAIS

 

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Vous êtes une personne détestable.

 

A chaque fois c’est pareil, vous proposez de jouer au Scrabble ou au Petit Bac, et vous n’obtenez pour seule réponse que quelques regards fuyants déjà occupés à autre chose, des excuses toujours plus loufoques les unes que les autres comme « je dois donner un bain à mon chat », ou « il est 23h, je vais me promener, sinon je ne peux pas dormir ». Il faut dire que vous ne savez probablement pas à quel point c’est agaçant les gens comme vous, qui ne connaissent que des mots avec des lettres compte triple, et dont les pauvres ignorants ne comprennent rien. Et au Petit Bac, vous remplissez toutes les grilles en moins d’une minute, même la grille des w, et ce, sans jamais avoir de doublons avec les autres joueurs. Alors non, c’est vraiment pas possible de jouer avec des gens comme vous ! Ok ? On ne le répétera pas deux fois.

 

*

 

6. Vous préférez les livres aux vrais gens, d’ailleurs vous êtes volontairement mystérieux et solitaire

 

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Parce que concernant vos semblables, vous êtes souvent à côté de la plaque. Ah non, c’est eux.

 

Non, vous n’êtes pas timide, vous êtes un rêveur ; non, ce n’est pas que vous n’aimez pas les gens, c’est que vous préférez les personnages de romans ; non, ce n’est pas que vous n’êtes pas bavard, c’est que vous préférez les tirades de pièces de théâtre que vous apprenez par cœur ;  non, ce n’est pas que vous n’aimez pas la réalité, c’est juste que vous préférez la fiction. D’ailleurs, les gens peuvent bien vous traiter d’intriguant, d’odieux ou de solitaire, vous vous en fichez. Au fond, vous n’avez besoin de personne (comme la chanson) et vous adorez qu’on ait cette image de vous, même si oui, c’est profondément insupportable.

 

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7. Vous entretenez des relations compliquées avec des auteurs morts et/ou des personnages fictifs

 

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Vous êtes clairement un illuminé.

 

Vous avez une relation passionnée et compliquée avec Darcy, parce qu’il aime cette garce d’Elizabeth Bennett. Proust et vous, c’est tout feu tout flamme, mais quand il ne vous fait pas pleurer d’émotion il vous endort. Jean-Paul Sartre vous a laissé seul à vos interrogations existentielles et sans donner de réponse. Et même si vous aimez profondément Gatsby, vous sentez qu’il n’est pas suffisamment à l’écoute, et vous vous en remettez à votre résignation pour surmonter la tristesse que vous cause cet amour impossible. Pas facile facile, de côtoyer le gotha tous les jours.

 

*

 

8. Vous tenez les machines à écrire pour des objets sacrés

 

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Tant de pouvoir entre vos mains.

 

Ah, ce mécanisme tellement ingénieux pour l’époque ! Le bruit saccadé et singulier de chaque touche qui vient frapper la feuille qui glisse sans accrocher, et la typographie impeccable et vintage qui donne l’impression qu’on est en train d’écrire une grande oeuvre alors qu’en vrai, ce n’est que la liste des courses. C’est sûr, il y a beaucoup d’esprit dans cet objet bourré de charme, d’agilité, d’intelligence, de sensualité, d’ardeur : là tout commence et tout finit, comme dirait l’autre.

 

*

 

9. Le personnel du café d’en face vous connaît bien, d’ailleurs, l’un(e) des serveurs(ses) vous a même inspiré un de vos personnages

 

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« Ouais, mmm…pas mal…moi, dans la vie…j’écris des trucs, ouais…je sais pas, tu vois… »

 

Quand vous allez au café, vous finissez souvent par y passer tout l’après-midi. Non seulement vous connaissez les serveurs, mais aussi les autres habitués. Bref, ici, vous vous sentez comme à la maison, et vous y venez quand vous en avez marre, de la maison, parce qu’il est bon de se sociabiliser de temps en temps. S’il y a un seul truc que vous ne connaissez pas par contre, c’est la carte, parce qu’un écrivain qui se respecte est naturellement un être obsessionnel qui n’a qu’une seule règle : prendre toujours la même chose.

 

*

 

10. Vous tenez un journal intime depuis que vous savez lire et écrire, d’ailleurs vous auriez dû publier votre premier livre à 7 ans

 

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Cher journal, lorsque je serai grand j’écrirai un livre et je peux te dire que cette grosse peste de Sandra ne sera pas dedans car aujourd’hui elle [to be continued]

Vous êtes un artiste incompris, et ça ne date pas d’hier, car étant un enfant précoce, vous avez commencé à écrire alors que vos semblables jouaient encore aux Playmobil en se gavant de bonbons. Il vous arrive encore de songer à cette histoire extraordinaire au langage inventif car complètement inventé que vous aviez pondu quand vous aviez 8 ans et que personne n’a jugé bon de publier. Voilà pourquoi, aujourd’hui, vous cultivez au fond de vous des petites envies de vengeances et vous dites régulièrement : « ils verront un jour ». Oui, on connaît la suite : ils se vanteront de vous avoir connu quand ils se reconnaîtront dans vos mémoires.

 

*

 

11. Vous détestez que les autres vous lisent, parce que « non, vraiment, ce passage est trop mauvais » et « ça vous rend malade rien que d’y penser »

 

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« Non mais enfin, qu’est-ce que tu racontes ? »

 

Etre écrivain implique d’avoir des lecteurs. Et pourtant, vous n’aimez pas qu’on vous lise, ça vous fait peur, ça vous rend fou, VOUS N’ETES PAS BIEN. Ça doit être votre côté torturé. Ou votre timidité. Car la quête d’inspiration de l’écrivain n’a d’égal que sa quête d’approbation. Dit comme ça, tout ça semble très paradoxal, mais les paradoxes ayant la vie dure, et les écrivains étant ce qu’ils sont, il faudra s’habituer. Non mais c’est vrai quoi, pourquoi tout le monde veut lire ce texte nul et dénué d’intérêt ? Allez, avouez-le, vous aussi vous l’aimez plutôt bien, en vrai, votre dernière prose.

 

*

 

12. Finalement, vous avez une étagère remplie de livres, et une autre remplie de carnets inachevés qui n’attendent qu’une chose, que vous leur trouviez une suite

 

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Yolo on se jette à l’eau !

 

C’est un bon début d’avoir commencé des tas d’histoires, mais aucun lecteur ne vous lira si vous ne les terminez pas. Si vous vous reconnaissez dans l’ensemble des points précédents, et qu’il ne vous reste plus que la case 12 à cocher, alors vous êtes prêts. Il n’y a plus qu’à piocher le bon carnet, et à faire travailler votre imagination d’artiste !

 

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A propos de Cecilia Sanchez 290 Articles
Cecilia est chargée de communication et rédactrice chez Booknode

14 Comments

  1. Cet article me fait rire tellement je m’y retrouve, sauf pour le passage sur les profs ou les concours ; il faut dire que j’allais dans un vieux collège qui n’offrait pas ce genre d’activités. *o*

  2. C’est un bon article, mais je n’ai pas trop aimé le point 4 qui insinue qu’on ne peut pas aimer les maths et le français en même temps …

  3. Très bon article. J’écris pour l’instant pour mon propre plaisir. J’attends la retraite pour m’y consacrer entièrement. Mais savez-vous où je préfère écrire ? Au café et effectivement le patron a inspiré l’un de mes personnages.

  4. J’ai beaucoup aimé cet article très amusant et je me suis retrouvée dans de nombreux points. Par exemple, je me retrouve tout à fait dans les points 7 et 9 et dans la notion de « créateur destructeur » : quand je pense à tous mes textes de jeunesse jetés à la poubelle… Arg !

  5. J’aime bien cet article. Certains points me font sourire car je m’y retrouve. Très doué en rédactions et en exposés au collège. En CE2 ou CM1 je ne sais plus, le directeur de mon école primaire a fait un petit livre de l’histoire que j’avais écrite pour le mettre à disposition des autres à la bibliothèque de l’école. J’ai perdu ce petit livre mais je me souviens vaguement de l’histoire. Un de mes poèmes a également été sélectionnée à un concours sur le thème du racisme. J’écrivais beaucoup à l’adolescence. Mais bon je ne suis pas écrivain pour autant, je ne me pense pas assez capable, ni même avoir assez de talent pour écrire pour le public. C’est quand même un article plaisant.

  6. Cet article est tellement amusant, comme d’habitude j’ai éclaté de rire toute seule et tout le monde m’a regardé TRÈS TRÈS bizarrement…
    Mais plus sérieusement je me suis retrouvée dans pas mal de points, surtout sur les anciennes rédactions rangées dans [secret d’État], sur la peur de se faire lire et sur les très nombreuses histoires inachevées.
    Pour information, je n’ai que 14 ans, donc le nombre de rédactions et d’histoires (inachevées, c’est ma marque de fabrique) va augmenter dans les années à venir.

  7. ça m’amuse cet article.
    Bizarrement, je m’y retrouve dans trois points.
    Depuis mon enfance, j’aime lire.
    Pourtant, je me suis lancer à écrire des histoires depuis deux-trois ans.
    J’aimerais avoir une idée du scénario sans trop ce plonger sur les fautes d’orthographe.
    Enfin, j’en ai fait une dizaine jusqu’à maintenant.
    Quand j’étais au collège, j’ai plus préférer le français que les maths.
    C’est comme si la lecture et l’écriture me faisais quelque chose depuis ce temps.
    Or, je continue à lire comme un passionné.
    Pour le cas de l’écriture, c’est une autre histoire comme on dit.

  8. C’est marrant, j’ai beau être auteur (plus qu’écrivain),

    1. Je n’ai pas le temps de lire et j’écris plus que je ne lis…

    2. Je ne lâcherai pas mon boulot tant que je n’aurai pas la certitude de pouvoir faire vivre ma famille avec mes droits

    3. J’ai gagné des concours d’écriture après le lycée et je garde précieusement les recueils dans lesquels ils ont été imprimés pour que mes arrières-petits-enfants sachent que leur arrière-grand-père a gagné quelques trucs dans sa vie

    4. Je n’ai gardé aucune de mes rédactions et je préférais largement les maths (pas mal de mes textes ont encore un côté mathématique dans la construction)

    5. C’est moi qui ne veut pas jouer au scrabble parce que je ne gagnerais pas contre les fortiches en anagramme que j’ai à la maison

    6. Ça dépend des gens mais je préfère quand même mes amis aux livres et si je peux paraître mystérieux et solitaire, c’est bien involontairement

    7. J’ai des relations très saines avec les auteurs morts et strictement aucune avec les personnages fictifs

    8. J’aime la beauté des machines à écrire mais force est de constater que c’est beaucoup moins pratique qu’un ordi

    9. Je ne vais quasiment jamais au bar et m’inspire peu des gens que je croise pour mes personnages

    10. J’ai jamais été foutu de tenir un journal intime plus de deux semaines, à 3 ou 4 reprises

    11. J’aime bien que les gens (une amie auteur, ma femme) me relisent pour me donner leur avis

    12. Ouais, j’ai pas mal de cahier avec des bribes d’histoires qui attendent surtout que je trouve du temps à leur consacrer mais j’ai terminé bien plus de projets que je n’en ai laissé inachevé…

    Au début, je ne voulais pas répondre à cet article sous peine de passer (encore une fois) pour l’emmielleur en titre. Et puis quand j’ai revu tous les commentaires…

    Ce n’est pourtant pas pour mettre de la mauvaise volonté mais je ne me retrouve dans quasi aucun point alors qu’il faudrait trois ramettes pour imprimer tout ce que j’ai écrit et achevé…

    Alors que beaucoup de ceux qui commentent s’y retrouve sans avoir pour autant encore pleinement terminé des histoires…

    Alors, ces douze raisons ? Vérités à côté desquelles je passe en étant l’exception qui confirme la règle ou illusions imaginaires ?

  9. Personne ne sait-il dont que tout le monde est l’auteur de sa propre vie ?
    Merci cellophane ont à toujours besoin des exceptions qui confirment les règles établis pour le plus grand nombre, afin de comprendre l’ultime plaisir du silence qui parle, et des mots qui comble un vide.

  10. J’ai adore cette article et je m’y retrouve tellement que je rêve qu’un jour je puisse devenir écrivaine… Mais je ne suis pas sur d’avoir le potentiel. Mais sinon cette article m a fait beaucoup rire car j’ai effectivement gagné un concours de nouvelles à l’age de 14 ans puis j’ai ensuite jeté la-dite nouvelle trouvant qu’elle était trop mauvaise. J’ai aussi beaucoup de nouvelles non terminées…. En bref j’ai trouvé cette article très interressant et très réaliste.

  11. J’aime beaucoup cet article et, comme pas mal de gens, je m’y retrouve pas mal.
    Ensuite, il y a certains points comme « la sécurité de l’emploi ne vous importe pas » ou « vous avez gardé vos rédaction de lycée » puisque … je quitte juste le lycée, là !
    Mais en tout cas, quand je serai une grande auteur célèbre et riche et accro au café (16 ans, et pleine de rêves), je citerai cet article dans mes mémoires.

  12. Alors lance-toi !
    Je suis peut-être un peu brusque, mais vas-y, sincèrement, tu ne peux pas savoir si tu as le potentiel ou non avant d’avoir essayé. Et même, je ne sais pas si le talent existe ou quoi. Selon moi, le plus important c’est d’avoir envie d’écrire, et de ne pas bâcler son travail, le reste, ça s’apprend.
    Et puis les rêves sont faits pour se réaliser, non ?

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